Une douce brise entre par la fenêtre, venant caresser mon corps nu, qui a passé la journée couvert de sueur. Le genre de température qui peut avoir deux effets: m'allumer ou m'éteindre. Ce soir, les tisons murmurent.
Je pense à toi et à ton sourire. La première fois que je t'ai vue, tu étais près de ton cheval que tu avais appelé "Gaston" car il te rappellait ton oncle. Tu lui caressais la nuque et lui s'enfouissait le museau contre tes seins. Je l'enviais déjà. Tes cheveux frisés à cette époque si je me souviens bien. Tu te souviens?
Tu m'avais regardée en me faisant trembler d'un clin d'oeil qui semblait me dire: "Viens vers moi!" Et je n'étais pas venue, trop timide. Mais j'avais continué à t'observer, une jambe sur la vieille clôture de bois. Tu caressais Gaston de ta main droite, l'autre posée sur ta gorge. Tu te souviens?
Ce n'est que quelques mois plus tard que nous avions fait connaissance, lors de la soirée de fermeture de l'écurie pour l'hiver. Tu avais pris un verre de trop, moi, deux. On avait parlé de tout et de rien. Les gens nous dévisageaient à chaque shooter que nous laissions glisser de nos mains et qui se fracassaient par terre. "Who cares?" criions-nous, accompagnant chaque bruit de verre brisé de nos voix défaillantes. Tu te souviens?
Les semaines se sont enfuites, entraînant dans leur sillage la chaleur de l'été indien. Puis, tu m'as invitée chez toi. Avais-tu prévu ce qui allait se passer?
Nous avions bu, encore. Et puis, tu m'avais demandé si j'avais le goût de terminer notre bouteille de vin dans le spa. Tu ne te souçiais pas que je n'ai pas ammené mon maillot de bain. Tu m'as prêté une serviette et était sortie, habillée de ton minuscule maillot deux pièces, à travers lequel tes seins semblaient m'inviter à venir t'y rejoindre.
J'étais montée dans ta chambre pour me dévêtir, timide comme toujours. Ta glace me disait que mes seins étaient trop petits comme tous les miroirs qui croisaient mon chemin. J'avais enroulé la serviette bien serrée, tentant de les cacher du mieux que je le pouvais. J'avais enlevé ma petite culotte en jetant un coup d'oeil par la fenêtre qui donnait sur ta cour arrière. Et là, je t'avais vue, les pieds sortis de l'eau, la tête appuyée vers l'arrière, devinant ton sexe à travers ton maillot. Et je m'étais imaginée, pendant un instant, le léchant doucement, te jetant un regard sexy qui te faisait fondre. Mais ce n'était que mon imagination.
Lorsque je t'ai rejoint, j'ai dû enlever ma serviette et me suit précipitée dans l'eau, sous ton regard présent, trop présent. Tes yeux semblaient me redessiner, ne se contenant pas de me découvrir pour la première fois. Tu t'en souviens?
Et lorsque la bouteille de Cabernet s'était éteinte, tu m'avais dit de ta voix douce:
-Caresse-toi pour moi, tu veux?
Je t'avais regardée, ma tête te murmurant "non" mais ce n'était plus elle qui me contrôlait.
Nerveusement, j'avais descendu ma main dans l'eau, et avais commencé à me caresser maladroitement mais tu ne pouvais rien voir. Tes yeux, toujours tes yeux qui me dévoraient. Et tes seins que je voyais durcir, malgré la chaleur de l'eau.
-Je veux voir tes seins, avais-tu chuchoté, comme un service que tu me demandais, comme une supplication.
Ça me gênait mais tes yeux, encore tes yeux, me disaient que j'étais belle. J'avais doucement remonté un peu plus près de la surface, tes dévoilant mes petites oranges qui pointaient vers toi.
-Ils sont beaux, tu sais...
Je t'avais cru. Et pendant un instant, ils ne me gênaient plus. Je m'étais mise à les caresser de ma main gauche, pendant que mon autre main accélérait, entrant et sortant, remontant pour effleurer mon bouton et entrant de nouveau.
-Attends-moi...
Et je t'avais attendue, pour terminer avec toi ce que j'avais commencé seule. Lorsque j'avais aperçu ta toison brune, alors que tu t'étais assise sur le bord du bain tourbillon, te foutant de ce que diraient les voisins, je n'avais pu me retenir. Toi non plus. Tu te souviens?
On ne s'est pas revues car tu n'es pas revenue l'été suivant à l'écurie. Gaston était parti aussi. C'est pour ça que je ne peux m'empêcher de me demander si tu te souviens...
jeudi 4 septembre 2008
samedi 22 mars 2008
Le solo
-As-tu aimé celà? demanda Jesse, un sourire coquin accroché aux lèvres.

Elle entendit des pas dans l'escalier et remit ses mains sur les couvertures, coupable. En effet, jamais son ami n'avait eu la chance d'assister à une de ses séances personnelles. Celà faisait partie de son apprentissage, il n'avait qu'à se contenter de l'amante qu'elle était devenue. De toute façon, il aurait fallu qu'il soit très chanceux pour la voir se faire ainsi plaisir, étant donné le peu de fois que celà lui arrivait. Entre deux séances d'habillage des enfants et deux bains, elle ne pouvait en faire plus. Il entra dans la chambre, une bosse encore visible à l'avant de son pyjama.
-Oui! mentit Anna avec un enthousiasme trop grand pour être naturelle.
Jesse eu un long soupir de satisfaction, embrassa tendrement Anna sur le front et sortit de la chambre en ramassant ses vêtements éparpillés au pied du lit avec l'impression du devoir accompli. Anna resta seule, éparpillée dans ses pensées, perdue dans cette chambre aux murs bleus comme les blues qui l'envahissaient en ce moment. Son beau Jesse l'avait encore fait jouir ce soir, comme à toutes les fois. Elle l'avait chevauché avec ardeur pendant qu'il embrassait sa poitrine généreuse, comme à toutes les fois. Il lui avait demandé si elle avait aimé celà et comme à toutes les fois, elle lui avait dit oui. Un bonheur vrai, un amour profond mais une routine qui la tuait à petit feu. Qu'un peu de fumée dans cette chambre froide. Assez pour réchauffer le corps et garder le coeur confortable mais insuffisant pour y mettre le feu.
Pendant que la porte du sous-sol s'ouvrait dans son grincement habituel, annonçant la cigarette de Jesse, Anna pensait à leurs premiers moments. Tant de souvenirs lui revenaient en tête, lui faisant rougir les joues. Que de chaleurs l'avaient envahie durant les premiers mois passés ensemble, il y a de celà bientôt dix ans. C'était bien avant l'arrivée des petites, qui n'étaient même pas une pensée à cet époque. Il n'y avait qu'eux deux, que cette passion qui les dévorait, que cette faim de l'autre qui ne s'assouvissait pas. Il n'avait qu'à lui lancer un regard pour que son être tout entier y réponde. Pourquoi n'avaient-ils pas mieux entretenu leur couple? Pourquoi avoir laissé filer tant d'années sans s'embrasser pour de vrai, sans s'embraser pour de bon?
Ses pensées erraient vers des époques passées, vers des territoires disparus, envahis maintenant par l'hypothèque, par les soucis quotidiens et par cette fatigue qui ne les quittait jamais. Elle repensait à la fois où ils étaient assis dans la dernière rangée au cinéma où l'on présentait un film ordinaire, il y a de celà trop longtemps. Elle portait une robe fleurie cette journée-là. Il faisait froid comme à l'habitude dans cette salle sombre et inoccupée, comme pour obliger les amoureux à se rapprocher. Elle avait mis son manteau de jeans sur ses cuisses, la recouvrant jusqu'au menton. Le film était correct, sans plus.
Puis, il y eu sa main. Posée sur sa cuisse, tout d'abord, y décrivant des cercles, des coeurs, qui sait? Oui, c'était sûrement des coeurs dessinés pour elle. Il la touchait pour de vrai. Puis, ces doigts qui n'en finissaient plus de remonter, timides et audacieux, comme de jeunes amants. Sans même le vouloir, son entre-jambe déjà plein de moiteur s'entre-ouvrait pour accueillir ce majeur qu'elle imaginait déjà en elle, mais qui s'attardait sur chaque centimètre de sa peau en chemin, semblant lui demander l'itinéraire.
-C'est tout droit, par là. Monte encore un peu, tu ne peux pas te tromper! se disait-elle.
Quand il arriva enfin à destination, la porte était ouverte et l'hôte en fut ravis. Chaque mouvement de rotation sur la sonnette fut accueilli d'un soupir et quand finalement le visiteur décida d'entrer, il lui suffit de quelques pas pour que les rires éclatent.
Son Jesse était toujours en bas, commençant sûrement sa deuxième cigarette et elle sentit une envie qu'elle n'avait pas eue depuis des lunes. L'envie de se toucher, de se découvrir après tant d'années à s'ignorer. Se toucher là, maintenant. Comme une gâterie faite à soi-même et qu'elle contrôlerait entièrement.

Elle descendit sa main lentement vers son entre-jambe et l'effleura. Leurs odeurs mélangées vinrent à ses narines, sous la couverture qui s'agitait, lui rappelant leurs ébats récents. Elle fit le tour de son sexe avec son majeur, s'attardant un peu plus sur son bouton à chaque tour de piste. De l'autre main, elle saisit son sein gauche et commença à caresser son mamelon, à le pincer avec la dureté nécessaire, sur la mince ligne entre la souffrance et l'excitation. Celui-ci répondit aussitôt en se dressant, fier et droit. Ses mouvements s'accéléraient car elle savait qu'elle n'avait pas beaucoup de temps. Elle entra un doigt, puis deux dans sa fente, descendant son autre main pour s'occuper de son clitoris. Son bassin était comme un taureau tentant de désarçonner son cavalier. Son souffle était court et haletant, le feu d'artifice approchant.
Elle entendit des pas dans l'escalier et remit ses mains sur les couvertures, coupable. En effet, jamais son ami n'avait eu la chance d'assister à une de ses séances personnelles. Celà faisait partie de son apprentissage, il n'avait qu'à se contenter de l'amante qu'elle était devenue. De toute façon, il aurait fallu qu'il soit très chanceux pour la voir se faire ainsi plaisir, étant donné le peu de fois que celà lui arrivait. Entre deux séances d'habillage des enfants et deux bains, elle ne pouvait en faire plus. Il entra dans la chambre, une bosse encore visible à l'avant de son pyjama.-Qu'est-ce que tu faisais? Tu ne t'es pas habillée? demanda Jesse en entrant dans la chambre.
-Trop fatiguée, j'allais m'endormir, répondit-elle.
-Le calme après la tempête? dit-il avec un clin d'oeil.
-Oui, c'est ça, le calme après la tempête... dit-elle, une déception dans la voix.
Elle remit son pyjama, prit son livre, imitée par son ami et le silence s'installa. Ce silence, certains soirs très confortables et d'autres soirs, cacophonique tellement il parlait.
-Celà doit changer, sinon, je vais craquer! se dit-elle à elle-même.
Elle se tourna vers lui mais le retrouva, le sourire aux lèvres, en train d'écouter les anges lui chanter une berceuse.
-Oui, je vais craquer ou nous allons craquer! dit-elle à haute voix.
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